L'idée idée lui est venue alors qu'il donnait des cours de maths et de français à des collégiens pour financer ses études. Un jeune étudiant de l'Ecole de management de Lyon, Nicolas Bourgerie, 25 ans, a réussi en trois ans à s'imposer sur le marché concurrentiel du soutien scolaire à domicile.Née d'un simple bouche à oreille, son entreprise, Methodia, se classe désormais au quatrième rang des entreprises spécialisées de ce secteur, en terme de volume d'affaires et du nombre d'agence qu'elle possède. Un secteur, surnommé "le marché de l'angoisse", en pleine explosion, qui génère chaque année un chiffre d'affaires évalué à 2,5 milliards d'euros, mais dont seulement 10 % proviennent des 300 entreprises qui ont pignon sur rue. Le reste, soit l'essentiel, vient du "marché noir", des étudiants ou des professeurs qui, pour se faire de l'argent de poche, proposent de gré à gré leur service à travers des petites annonces. Le leader, Acadomia, avec 80 agences, ne représente ainsi que 2 % du marché du soutien scolaire. Installé au rez-de-chaussée d'un immeuble du vieux quartier Saint-Georges, à Lyon, Nicolas Bourgerie explique la percée de Methodia par la méthode d'apprentissage qu'il a mise au point avec des enseignants, destinée à "apprendre aux élèves à apprendre", du CM1 à la terminale. "Nous ne nous contentons pas de revenir sur les points mal compris, nous tentons de donner aux élèves des méthodes de travail", explique le jeune entrepreneur qui affiche en forme de publicité un taux de réussite au bac de 95 % de ses élèves de terminale. "Mon but, c'est de rendre autonomes les élèves et de les lâcher le plus tôt possible. En moyenne, nous ne les gardons pas plus de cinq mois." Alors qu'une partie de ses concurrents fonctionnent sans agence, avec de simples centres d'appel, Methodia a privilégié le contact direct avec ses clients. L'entreprise met en avant les critères de recrutement de ses intervenants. Sélectionnés sur leurs capacités d'orthographe et de syntaxe, leurs aptitudes pédagogiques, leur expérience et leur maîtrise de la matière à enseigner, 1 000 formateurs ont été retenus sur 12 000 candidats. Un tiers est issu des rangs des IUFM, un tiers de l'éducation nationale et un tiers des grandes écoles ou de la recherche universitaire. L'entreprise refuse les débutants. "Je les forme et je les paye tous les quinze jours et non tous les mois, entre 14 et 20 euros net de l'heure. C'est l'équivalent des cours de gré à gré, mais nos formateurs sont couverts et les parents peuvent être remboursés par le biais de déduction fiscale", explique Nicolas Bourgerie. La logique est la même au niveau des élèves. L'entreprise écarte environ 10 % des dossiers : enfants dépressifs, jeunes sous l'emprise du cannabis et ceux trop réfractaires aux leçons. "Je sais par expérience que ces gamins ont besoin d'une aide qui n'est pas de mon ressort", justifie M. Bourgerie. Après chaque séance, il met à disposition des parents un compte rendu sur Internet et, chaque mois, il invite les parents à suivre un séminaire de formation gratuit pour les aider à suivre la scolarité de leurs enfants. Résultat : l'entreprise lyonnaise connaît une croissance insolente en augmentation de 800 % cette année. 30 000 euros en 2004, 250 000 en 2005, Methodia a réalisé 2,2 millions d'euros de chiffre d'affaire en 2006. Depuis un an, la PME s'est ouverte à une clientèle d'adultes, en recherche d'une remise à niveau ou même d'apprentissage de base. Le bouche à oreille faisant merveille, le milieu sportif a fait appel à ses services. Methodia "coache" les jeunes espoirs de l'Olympique lyonnais, ou encore le tennisman Richard Gasquet. Deux responsables d'Adecco (travail temporaire) Philippe Marcel, l'actuel président, et Jérôme Caille, ancien responsable Adecco Monde, ainsi que l'héritière des Galeries Lafayette, Mme Meyer sont entrés dans son capital en 2006. L'entreprise compte dix agences au total et s'apprête à ouvrir sa onzième à Nantes. Nicolas Bourgerie compte devenir numéro un et participer à la "rationalisation" du marché de l'angoisse. |